Bon, bien, alors, il va y avoir un problème. J'ai laissé mes belles chaussures contre ce mur ci, et en chaussons, enroulée dans un plaid d'hiver, je me colle contre ce mur là. Dans mon coin, là, mon cahier à la main, je ne suis que faible et vulnérable. Je griffonne quelques mots rapide, je n'ai pas vraiment d'inspiration, parce qu'aujourd'hui, au creux de mon sentimentalisme, juste au centre de toute mon amitié, il se dessine comme un vide. Exclusion. Un mot craché par la lanière du fouet. Saurais-je jamais pourquoi celui là, moi qui me suffit seule à moi-même, dans mon excès d'autosuffisance. Parce que j'entend de loin, certains rires qui m'ont été volé. Et en vain, sans raison, ni passion, je me sens sans justification en éternelle compétition. Quand le duel vient pousser son cri, alors extirpé et né du réel, les élans sauvages et abrupts de la lionne s'éveillent et viennent déchirer le silence morne de son sommeil, pour dignement répondre aux menaces. Je triomphe de l'escrime contre moi-même, jamais de celui contre autrui. Sagesse qui implore le bon sens et l'accalmie, ou misérable faiblesse? J'aurais beau chercher, je tournerais en rond, au fond du puits dans lequel je me suis délibérément jeté. Hier j'ai, sur un coup de tête, couper mes griffes, et teint ces pathétiques armes féminines d'un rouge étincelant. A défaut de vous dissuadez, ou de prouver ma force, je choisi de quitter l'arène. Oui, car je suis déjà reine. Car un beau jour vous comprendrez qu'il est inutile de se démener pour un trône que nous possédons déjà toutes. Seulement certaines s'illusionnent à constamment vouloir le clamer, pour mieux se le prouver. Je rejoins les gradins, car moi et moi sommes en parfaite harmonie. Mes griffes arrondies, lisses et vernies, ne s'accrocheront plus qu'aux profonds défis. Alors je fuis. Alors je suis...mais je ne suit pas.